|
“ARGUANT Le
marché est à la mode!
LEGLANT
Le
Marché... qui marche et fait marcher...
Ah! la
belle mode!
ARGUANT
Le
marché fait tout!
LEGLANT
Le
Marché tout faix!
ARGUANT
Le
marché c’est tout!
LEGLANT
Le
Marché sait tout!
ARGUANT
Le
marché déséquilibre les forces du marché!
LEGLANT
Le
Marché des équilibres des forces du Marché!
ARGUANT
Le
marché sent!
LEGLANT
La
senteur du Marché!
ARGUANT
Le
marché pressent!
LEGLANT
Le
Marché persan!
ARGUANT
Le
marché grandit!
LEGLANT
La
taille des Marchés!
ARGUANT
Le
marché échange!
LEGLANT
Les
changes de Marché!
ARGUANT
Le
marché gère!
LEGLANT
La
gestion de Marché!
ARGUANT
Le
marché requin!
LEGLANT
Le
Marché requis!
ARGUANT
Le
marché réclame!
LEGLANT
La
déclamation au Marché!
ARGUANT
Le
marché veut!
LEGLANT
La
volonté du Marché!
ARGUANT
Le
marché commande!
LEGLANT
La
commande au Marché!
ARGUANT
Le
marché ordonne!
LEGLANT
L’ordonnance
des Marchés!
ARGUANT
Le
marché oblige!
LEGLANT
Les
obligations du Marché!
ARGUANT
Le
marché exige!
LEGLANT
Les
exigences du Marché!
ARGUANT
Le
marché soumet!
LEGLANT
La
soumission au Marché!
ARGUANT
Le
marché avance!
LEGLANT
L’avance
du Marché!
ARGUANT
Le
marché en gobe!
LEGLANT
Le
Marché englobe!
ARGUANT
Le
marché gobbel!
LEGLANT
Le
Marché global!
ARGUANT
Le
marché dynamite!
LEGLANT
La
dîme à mite du Marché!
ARGUANT
Quel
esprit fin de Beaumarchais!
LEGLANT
Beau
l’esprit fin de Marché!
ARGUANT
Le
marché unit!
LEGLANT
Le
Marché commun!
ARGUANT
Le
marché ne plaisante jamais!
LEGLANT
Faut
pas déconner!
ARGUANT
Le
marché à sous!
LEGLANT
Le
Marché assou!
ARGUANT
Le
marché à tout!
LEGLANT
Le
Marché atout!
ARGUANT
Le
marché...
LEGLANT
Le
Marché...
ARGUANT
Le
marché hummm!
LEGLANT
Le
Marché hummm! Que disiez-vous que je disais encore?
ARGUANT
Je
me raclais la gorge. Je
disais que le marché a force de loi.
LEGLANT
C’est
la loi du Marché!
Extrait
de : Georgette SABLE «Le visage Gobble ou l’économie
d’un économiste», Acte II, scène 5, Théâtre Fait et cause à l’économie”
|
|
«Ce mélange
de couleurs mates ou vives des emballages, des produits variés,
frais ou desséchés, chatoyantes des habits, d’odeurs
douces, musquées ou poivrées, de saveurs mélangées,
riches de régions et de savoir-faire, d’origines et d’éloignements
surprenants, de pensées ou d’explications, de préhensions
et appréhensions autant que d’imaginations, d’appels et
de rappels, d’agitations colorées, de voix portées
hautes ou de chuchotements en support aux derniers secrets,
d’apostrophes ou de mises en confidence en toute
confiance, de ces plaisanteries envoyées, transportées ou
déformées, de réparties ravageuses, de clins d’œil
entendus et d’œillades bien senties mais mal goûtées,
de doigts pointés, de mains qui mesurent, pèsent, soupèsent,
touchent, modèlent, payent, encaissent, tâtent, évaluent,
jaugent, caressant du doigt et du regard les rebondis, les
creux, les sonnants et résonnants, les mous et demi-mous,
les durs et demi-durs en vis-à-vis des pas trop secs, pas
trop gros, pas trop longs ni trop courts, pas trop mûrs, de
ces “bons poids” pour faire “bonne mesure”, de ces
“combien” ou “ça suffit”, de ces “c’est trop,
enlevez-m’en” ou “c’est pas assez, mettez-m’en”,
de ces “c’est trop cher” offusqués envoyés aux
“vous voulez rire” embarrassés, de ces brassées, poignées,
pelletées, louchées et cuillerées, de ces pesées ou “à
la pièce”, du vrac comme de l’emballé, des tranches et
tranchettes, grosses, pas trop grosses ou bien fines ou très
fines ou plus fines encore, découpant et parant les blocs,
les morceaux, ajoutant ces miettes, de fagots et bottes, de
bouquets, de reliés et empaquetés, des conseils, avis,
recettes, échanges, comparaisons et recommandations, de ces
“à point”, de ces “bien faits”, de ces “qui peut
attendre” ou de ces “à manger de suite”, de ces ronds
ni pointus, du sucré et du salé en demi-teinte, du
croquant opposé au mordant allant du dur au mou en passant
par toutes les gammes, du “goûtez-moi ça” comme du
“vous n’y pensez pas”, du corsé ou “avec des
herbes”, de ces liquides arrosés, renversés, égouttés,
récupérés, transvasés, embouteillés, filtrés et passés,
fluides liquoreux comme glaireux sans compter les poisseux,
de ces chiens impurs chassés du pied, de ces mouches énervées
et agaçantes, envolées et reposées, des vieux qui s’éternisent,
des jeunes qui s’impatientent, des plus jeunes qui
mangent, grignotent, sucent, crachent ou avalent, rient,
crient, pleurent ou se curent le nez, des femmes qui
sourient, toisent et se toisent, des hommes qui
“politiquent” et testent, contestent ou rouspètent, assènent,
pontifient ou sanctifient, de ces parfums de peau, ces muscs
de transpiration et d’effort, du monde qui tient et
retient encore, pousse, repousse, écarte, s’impose,
s’immisce ou se retire, un instant, un moment, un temps,
dessinent et composent en ce spectacle vivant le plus beau
des portraits de vie, fontaine de jouvence à mes souvenirs
ravis. C’est
la vie de marché.»
Extrait
de : De Saint Pélissac «De Lucie à Marie [le marché de
Gruissan]», Par vents et marais; Voyage avec
un âne en Roussillon, Languedoc et Provence”
|