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Anthropologie
Maritime
M A N O F A R A N
H O M M E D’ A R A N
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TECHNIQUE AVANT-GARDISTE, SYNOPSIS
(si vous citez cette page, merci de
mettre en référence son adresse)
TECHNIQUE AVANT-GARDISTE
R.
PÖCH,
éprouvant des difficultés de tournage en Nouvelle-Guinée
et en Afrique du Sud (1904-1906), fut obligé d’innover
en développant pour partie la pellicule tournée sur le
terrain, selon la technique dite du sondage (vérification
de rushes). Le développement restant, le montage
et les commentaires (tirés de son carnet de voyage pour
la présentation à la Berlin Society for Anthropology
and Prehistory [1907])
furent faits par après.
FLAHERTY allait tirer parti de
cette technique après la seconde guerre mondiale, en
consommant beaucoup de métrage pour chaque scène, avec
un outil que L. de HEUSCH allait qualifier de
« caméra participante », un thème
—plus qu’une désignation— qui allait faire flores
en ethnocinéma. La caméra, s’adressant au
spectateur par le seul biais des sentiments et de
l’imprégnation, devenait plus qu’une extension
du cinéaste, des acteurs ou des scènes, un outil
créateur en lui-même, capable d’enregistrer aussi
ce que les humains ne pouvaient voir lors du tournage mais
qui pouvait avoir un intérêt. FLAHERTY est
—dans une certaine mesure— à la fois ancêtre et
précurseur du reportage télévisuel actuel (sans
parler des reportages de nouvelles tels qu’instaurés
très tôt dans les salles de cinéma, comme celles de la
Gaumont) traitant d’un sujet, d’un environnement
(où à la question posée on répond par l’image),
d’une intimité (l’être humain, une famille
« type »). Il va aussi utiliser à profusion (cas
des scènes sur la chasse au requin) des lentilles
de longue focale (d’emploi courant aujourd’hui),
donc aussi de nouveaux cadrages, pour aller
chercher l’information visuelle là où elle se trouve,
alors qu’on ne peut ou veut se porter sur elle. Les scènes
de mer et de tempête utilisent plutôt des grands
angles, pour donner avec une efficacité réussie une
impression de drame grandiose, démontrant la maîtrise du
cinéaste dans le choix de ses outils.
SYNOPSIS La
trame du film est assez simple compte tenu de la volonté
de R. FLAHERTY de faire passer une certaine
idéologie, mais aussi de magnifiquement utiliser le
noir et blanc aux saisissants contrastes, dans un
environnement parfois dantesque. L’HOMME D’ARAN
dépeint une famille (père, mère, fils) sur une île
irlandaise du Sud Ouest, couverte de lande et de roche nue,
balayée par un vent quasi permanent avec une mer (côté
baie de GALWAY) et un océan (côté Ouest)
omniprésents, parfois calmes, parfois rugissants. Des scènes
calmes et domestiques (petite pêche, bébé
dans la maison, animaux domestiques) commencent le film.
L’océan apparaît ensuite dans toute sa puissance et
menace, et c’est de justesse que la famille
récupère quelques filets de pêche qu’il leur dispute
âprement. Vient alors la longue séquence de
l’élaboration du sol d’un champ de pommes de terre,
par récupération puis transport de terre d’origine
éolienne, mélangée ensuite à des algues et
disposée dans des crevasses de la roche nue. On
assistera ensuite à la chasse au requin au harpon,
lutte collective d’où l’homme sortira vainqueur. En
toute fin on verra les femmes attendre l’arrivée
des hommes en pleine tempête. L’Homme lutte
contre la mer… en mer et contre le sol… à terre
dans une nature ingrate qui demande plus que l’effort :
le combat.
VOYONS MAINTENANT LE FILM DANS SES DIFFÉRENTES
PRÉSENTATIONS
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