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COMME
LE PLISSEMENT DU VENT SUR UN SOUFFLE DE SABLE
(monologue) Ode au vent, à la mer, à une langue qui
atterrit il y a 400 ans en terre d’Acadie ;
Lâche son chapeau, continue d’imiter
le bruit du vent. Fait onduler main et bras libres au
rythme du vent qu’il imite
Shhhhssshhhhsssssshhhhhhssssssspfff...
Shhhsssshhsssshhhssshh...
Comme le plissement du Vent sur un souffle de Sable...
Shhhhssshhhhsssssshhhhhhssssssspfff...
Shhhsssshhsssshhhssshh...
Ainsi glissent les mots
Des jours apportés par Le Vent
Et remportés au ressac de la marée descendante
Vers le grand creux du Vent,
Là où respire La Bête...
Shhhhssshhhhsssssshhhhhhssssssspfff...
Shhhsssshhsssshhhssshh...
Entendez-vous ce plissement ?
Voyez-vous ce souffle de Sable
Qui ondule en rides de rimes,
Imprimées par saccades,
De dune en dune,
Écho du souffle de La Bête
Qui inhale et exhale l’air salin de ses
poumons marins ?
Ainsi va la marée qui naît,
Monte,
vit, s’accouple à la terre qu’elle
embrasse ;
Par le flot naissant la voilà vite qui
vieillit,
Flétrit, se rabaisse et redescend
Au plus profond de l’être,
Au plus profond de l’océan
Pour renaître encore,
Pour renaître
toujours,
Dans un va-et-vient lancinant pour qui ne
la comprend...
MA
FEMME EST COMME ÇA ; MOI PAS !
(monologue) Mélange de soliloque et de monologue, l’humour
le dispute aux jeux de mots et jeux de mains ;
…
C’est
drôle, hein ? Comme quoi... les
femmes sont comme ça ; nous on est comme ça !
Je sus trouver pour elle les plus belles
consonances, florilège de paroles en l’air dans le vent
pour lui rire des mots d’amour choisis la mettant en émoi
ni toi mais rien que pour moi.
Ma femme est comme ça ! Moi je suis
comme ça ! Chacun chacune " moi pas " en
contraire de l’autre. De l’autre " comme ça !
", n’est-ce pas ?
Ça a
marché.
Elle a ri ! Mais ri ! Mais
ri, Marie !
Marie, c’est ma femme ; son nom c’est
comme ça et moi son mari... Marie est pour le meilleur
comme pour le pire !
Marie ça rime avec " rit ". Je
vous l’explique comme ça, vite dit : " ma Marie rit
".
Découpant
"
Ma—Marie—rit " : ça
ça,
fait fait, mama, riri... et riri jaune !
Imitant l’accent
asiatique, index levé
Et plus y a de fous moins y a de "
riz ", hihihihi... a dit Confucius !
Sérieux
Je suis comme ça !
DUR À
RAVALER
(monologue) Aller chez son médecin quand on a les boules
ça peut d’autant plus vous foutre les glandes, ou
l’inverse…
;
Pour une
sinécure, ce n’en est pas une
pour m’curer les sinus !
Je me rends chez le
pharmacien, lui
présente mon papier du médecin. Il me dit :
"Je
vois."
Ce qui veut dire qu’il comprend car un
médecin qui écrit bien, c’est qu’il est malade —tout
le monde le sait— et plus il est spécialiste, plus il
écrit mal. Mon Doctorino, il n’écrit qu’avec des
gribouillis écrasés. Mais un chef de service à l’hôpital,
ça écrit tellement mal que ça n’écrit même plus du
tout. C’est pour ça qu’ils ont leurs propres
pharmaciens ; pas pour essayer de nouvelles formules, mais
parce qu’un pharmacien normal, qui aurait fait des études
normales, des études de lettres, n’y déchiffrerait plus
rien... que du grec de Pharmacos, tout à l’os ! Alors les
médecins ça n’écrit pas ben, les pharmaciens ça lit
entre les lignes.
Vous entrez dans une pharmacie et vous
tentez de lire... "Il me faudrait duuuu... de laaaa...
tenez, lisez vous-même !"
Le pharmacien revient avec une poignée
de boîtes et un évent de baleine en miniature.
CÉCILE,
SICILE,
MON ÎLE, MON PETIT " COUCOU "
(monologue, voix hors champ) La Sicile est trop proche de
Cécile pour que l’on n’en joue pas ou s’en
déjoue : " coucou Sicile " !
Sicile ?
Sicile, mon
île...
Moi ? Sicile ma muse !
Sicile, c’est une
île, un mont dans
les plaines lointaines, qui me courrielle qu’elle se fait
une montagne de ses vacances... à moi, tout là-bas au loin
des mers, et par ordinateur interposé.
Cet
ordinateur, quel interposeur
tout de même !
Mais
enfin... heureusement qu’entre
Sicile et moi il y a ce vaisseau et son ordonnance... sur
les ondes numériques, qui voguent et galèrent pour nous.
Ondes
numériques, on dépique ; qui s’y
pique ?
Vous ?
Sicile c’est ma blonde, pour vrai une
vraie de vrai ; et c’est comme cela que j’aime en
courriel lui transmettre en écho mes souriels, à
ses bonjours qu’elle ne sait pas, qu’elle ne veut pas,
qu’elle n’ose pas, un peu enfantins, un peu mièvres, un
peu surannés. Après tant d’années sur années et sur
années, comment survivre sinon à la prendre au mot et
tenter le coup de son : " coucou ".
Car
voilà, Sicile, c’est Coucou son
petit surnom, son petit intro, son petit signalo, son
petit signato, comme un autre sceau le ferait ; ou le
serait. Elle est tout à la fois mam’selle Coucou qui me
fait " bonjour " et " coucou " qui
le dit... enfin l’écrit, enfin le courrielle.
DÉMO
DE LANGUE FRANÇAISE
(monologue) Les mots, les phrases, sont objet de jonglerie
jusque dans les accents du français;
Poids chiche des mots ne pèse guère
lorsque pois sont blancs de rivière, signe d’étang.
Lorsque ce n’est point pois sont rouges
de honte.
Ouhouhouhououou !
Non plus que pois sont verts de rage.
Rahahahaha !
Déments de rage, les mots deviennent
fous parmi nous tels ce chat britannique tout droit venu du
Royaume-Minou, qui saupoudrait son anglais d’accents
français au point d’en perdre tellement son latin que ça
en devenait du chinois, ou ce gros codile en pleurs, ne
sachant plus que dire, sans parler de cet hippo tam-tam dont, à
l’inverse, chaque mot faisait grand bruit, bien
plus dans tous les cas que chien ouah ouah ou chat
tchatchatcha qui swingue dans l’fond d’la boît’à
bois.
Voyons grand, ne soyons pas à poney sur
les mots qui véritablement partagés par une même
francophonie prennent leurs véritables couleurs moins par
leurs régionalismes ou archaïsmes ou géographie que —il
faut le dire— par leurs accents. Francophonie n’est-elle
jamais autant franco unie lorsque pour une même phrase elle
résonne de tant de circonflexes et de circoncaves,
partout en tout lieu et hors conclave ?
GC
ADÉNINE—CYTOSINE (dialogue sketch) Théâtre
pour rire un peu de La Science autant que de la
rhétorique du philosophe sur la génomique ;
LE
SCIENTIFIQUE Somme
toute, remplacer génomique par génome n’est pas sans
gène.
LE
PHILOSOPHE J’en
conviens !
LE
SCIENTIFIQUE Somme toute, un philosophe a toute affaire s’il a quelque chose
à dire.
LE
PHILOSOPHE J’en
conviens !
LE
SCIENTIFIQUE Somme toute, un
scientifique, va sans dire, a quelque chose à
faire.
LE
PHILOSOPHE J’en
conviens !
LE
SCIENTIFIQUE Donc,
le mariage de la philosophie d’avec les sciences ce serait
: nous de dire ce que l’on a à faire et vous de faire ce
que l’on a à dire et de le dire pour en faire votre
affaire, comme nous faisons notre affaire de vos dires sur
nos faits, c’est-à-dire ce qu’il faut faire...
LE
PHILOSOPHE Holà !
Holà ! Le philosophe c’est moi ! C’est moi ! Attention
! Attention ! Monsieur de la génomique je vous trouve bien
sans-gêne de parler ainsi pour moi de maux que l’on ne
comprend pas.
QUÉBEC
JE ME SOUVIENS ; Lettres à deux accents (monologue)
Pont entre la France et le Québec ou combien on est bien
que chez soi lorsqu’on a voulu aller voir
ailleurs où on n’y est pas;
DÉCEMBRE
: "Il a neigé hier soir. SU—PER ! Pierre-Paul-Étienne et moi nous nous sommes réveillés ce
matin, découvrant que tout était devenu blanc. Avec le
soleil et ce ciel bleu azur si profond des pays nordiques, c’est
une vraie carte postale ! Nous sommes sortis nous y rouler
de joie dedans et avons fait un combat (c’est
comme ça qu’ici on appelle les batailles) de boules (qu’ils
nomment balles, évidemment !) de neige. Un pied
terrible ! HYPER SUPER GÉ—NIAL ! Quel beau pays avec
tant à offrir ! L’air y est pur, tout est propre, blanc
candide... et ce silence quand il neige. C’est magnifique
! On est ravi. Il pleut toujours chez vous ?"
Noirceur
Lumière
10
DÉCEMBRE :
"Encore de la neige hier soir. GÉNIAL ! C’est
vraiment trop. C’est merveilleux ! La charrue nous
a encore fait une petite blague dans l’entrée (les
Québécois appellent charrue le camion qui déblaie et
pousse la neige hors des chemins. Une autre de leurs
cocasses expressions si typiques...). Les Québécois sont
sympa... De bons vivants qui aiment s’amuser malgré la
neige et le froid, quoi ! On sent que ce pays vous forge la
santé et la bonne humeur en contrepartie de quelques
moindres ou mineurs inconvénients. Si vous cherchez la
meilleure saison pour immigrer ici, vous avez le choix entre
l’automne ou l’hiver. Exotisme et dépaysement garantis,
même pour le Parisien le plus blasé."
MOTS
DITS MONOGLOTTES
(comédie burlesque) La fonction crée l’organe... alors
le téléphone portable ou cellulaire ou mobile ou
flip-phone ou téléphone pliable ou à rabat (selon les
continents) crée quelle fonction ?
TÉLÉPHONE
2-SNOBINETTE
Allô ?
Allô ?
Allô ?
C’est
Moiiiii !
C’est moi
!
C’est toi
?
Ben c’est
moi !
Oui, c’est
moi, mon ami.
Mais
si,
moi voilà.
Tu pensais
que ça pouvait être quelqu’un d’autre ? Ha ! Bon !
Comment cela serait-il possible ? Quelqu’un d’autre !
Quelle curieuse idée...
Comment ça
pas plus bête qu’une autre ? Ha ! Mais pardon ! Bête,
sotte... Eeeeet tant pis pour toi : vulgaire ! Si, si,
vulgaire ; me dire comme ça à l’oreille que tu
pourrais attendre l’appel de quelqu’un d’autre au
moment même où je t’appelle : sot ! Et goujat avec ça !
Si ! Tu me
le dis à l’oreille ! Ben tant pis ! C’est comme ça !
Bon,
écoute, c’est moi qui paye...
...aye pas
de mine... heueheueu... toujours le sens de l’humour...
Je...
Je...
Je suis… suis à… Ah ! François-Paul-Émile-Étienne TU VAS ME LAISSER PARLER !
Comment ça
à Monaco !
Tu savais
que j’étais à Monaco ?
Crotte
alors !
Crotte ?
Comment ça " crotte " ? Mais "
crotte " comme... comme " merde
" !
Tu m’obliges
à être grossière, que veux-tu ! Tu fais l’idiot, ne
comprends pas " crotte ", tu, tu... Tu sais
combien j’ai horreur de ça ! Pas de la crotte... siiii
enfin, évidemment, aussi de la crotte, comme tout le
monde... non de la grossièr...
NON ! Ne me
dis pas qui te l’a dit... dipadipadipa ! Je—ne—veux—pas—sa—voir
!
Qui ?
Ha ! La
garce ! Pas " Elle " !
Et
" Elle " aussi ! Ben si elle le sait c’est
que l’autre le lui a dit ! Ben pardi !
Comment ça
où tu es ?
Mais
comment veux-tu que je le sache ! Chez toi, non ?
Bien,
ailleurs !
Mais mon
ami je ne suis pas dans tes chaussures ni tireuse de cartes
de bridge... alors c’est une question bête !
Oui ! Ben c’est
ça !
Et
" crotte " comme tu voudras !
Mais Monaco
pour moi, Mona...
Il a
raccroché ! Le mufle !
Oh... mais
ça va pas se passer comme ça. Je rappelle...
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